Mains attachées, pensées négatives

Comment nos pensées sabotent nos objectifs de fitness

Si tu lis ces lignes, il y a de fortes chances que tu t’aies senti interpellé. Tu as peut-être même déjà entamé un plan de remise en forme. Tu as peut-être acheté de nouvelles chaussures de course, un abonnement à un gym et ta motivation était à son top. Pourtant, quelques semaines plus tard, voire quelques jours, le plan est tombé à l’eau. Tu as abandonné, et tu ne comprends pas pourquoi. Était-ce la fatigue ? Le manque de temps ? Une blessure soudaine ?

 

En tant que kinésiologue, j’ai vu plusieurs personnes vivre cette situation. Des individus dotés de toute la volonté du monde, mais qui ont l’impression qu’un obstacle invisible les freine, plus fort qu’eux. Mon expérience m’a appris que la véritable bataille ne se mène pas sur un tapis roulant ou avec des haltères, mais bien dans le silence de notre esprit.

 

Tes pensées, tes peurs, tes croyances sur toi-même, voilà les véritables saboteurs. Tu peux avoir le meilleur programme d’entraînement qui soit, si ton dialogue intérieur est en mode autodestruction, le succès ne sera pas au rendez-vous. La véritable transformation physique débute toujours par une transformation mentale. Dans cet article, nous allons explorer ce lien puissant entre l’esprit et le corps, et je te donnerai les clés pour te libérer de ce qui te retient une fois pour toutes.

Les croyances limitantes : ces chaînes invisibles de tes ambitions

Chaque fois que tu te dis “je ne suis pas assez bon”, “je suis trop vieux pour ça”, ou “je n’ai pas la discipline nécessaire pour m’entraîner”, tu ne fais pas que penser. Tu programmes ton cerveau. Ces phrases sont des croyances limitantes. Elles agissent comme des barrières psychologiques qui t’empêchent d’essayer, ou qui te poussent à abandonner à la première difficulté.

 

Considère l’histoire de l’éléphant. Lorsqu’il est jeune, on l’attache à un piquet avec une simple corde. Il tente de s’enfuir, mais n’y arrive pas. En grandissant, il devient un éléphant massif et puissant, capable de déraciner un arbre, mais il ne tire plus sur la corde. Pourquoi ? Parce qu’il a intégré la croyance limitante que cette corde est plus forte que lui. Il n’essaie même plus.

 

C’est exactement ce qui se produit avec nous et l’activité physique. Nous nous basons sur des échecs passés ou des idées reçues pour nous convaincre que nous n’y arriverons pas, et cette conviction devient notre réalité. Le problème, c’est que ces pensées ne sont pas des faits, mais des opinions. Et ces opinions ont un impact direct sur la performance sportive. Si tu commences une course en te disant que tu vas abandonner au bout de cinq minutes, ton corps, lui, va tout simplement écouter ton cerveau. Pour briser ce cycle, tu dois d’abord reconnaître l’existence de ces chaînes invisibles.

L’effet domino du manque de confiance et de l’estime de soi

Estime de soi, croyance limitante

Ton niveau de confiance en toi est le pilier de tes actions. Lorsque tu manques de confiance, tu évites les situations où tu pourrais échouer. Au gym, cela peut se traduire par l’utilisation constante des mêmes poids, par l’exécution d’un programme que tu maîtrises déjà, ou même par le fait de t’entraîner uniquement lorsqu’il n’y a personne pour éviter le regard des autres. Tu ne te donnes pas la chance de progresser par peur de ne pas être à la hauteur.

 

Le manque de confiance en soi est une spirale descendante. Tu as peur d’échouer, donc tu n’essaies pas. Comme tu n’essaies pas, tu ne connais pas le succès pour te motiver. Et comme tu n’as pas de succès, ton manque de confiance s’aggrave. C’est un cercle vicieux. Pour t’en sortir, il faut commencer par de petites victoires. Fais dix minutes de marche. Fais une série d’étirements. Chaque petite action réussie est une preuve de ta capacité et renforce ton estime de soi.

 

L’estime de soi est le respect que tu te portes. Lorsqu’elle est basse, il est difficile de s’engager dans des activités qui demandent un effort. S’entraîner est un acte d’amour-propre, un signe que tu te juges digne de recevoir les bienfaits d’une vie saine. Si tu ne t’estimes pas assez, tu ne te donneras pas la permission d’investir du temps et de l’énergie dans ton propre bien-être. C’est pour cette raison qu’il est impossible de parler de santé globale sans aborder le sujet de l’estime de soi.

Ces fantômes qui te retiennent : la peur de l’inconnu et du jugement

Peur du jugement

La peur de l’échec et la peur du jugement des autres sont les deux fantômes qui nous hantent le plus. C’est comme si tu créais des scénarios catastrophes dans ta tête qui n’existent que là. “Si je m’inscris à ce cours de yoga, je vais avoir l’air gauche à côté des autres.” “Si je m’essouffle en courant, tout le monde va me juger.” Ces peurs sont irrationnelles. Elles sont une projection de tes propres insécurités sur les autres. Or, la plupart du temps, les gens sont beaucoup trop occupés à se soucier d’eux-mêmes pour faire attention à toi. Leurs pensées ne t’appartiennent pas.

Cette peur de l’inconnu est également un grand frein. Tu veux essayer une nouvelle activité, mais la crainte de ne pas y arriver t’empêche de faire le premier pas. C’est la petite voix qui te chuchote “Reste dans ta zone de confort, c’est plus sécuritaire”. Or, pour atteindre un nouvel objectif, pour dépasser ses limites, il est impératif de sortir de cette zone. Il faut s’ouvrir à la possibilité d’un échec, car c’est seulement en échouant que l’on apprend à se relever. C’est là que la véritable croissance a lieu.

De la psychologie à la physiologie : l’effet sur ta santé globale

Tu comprends maintenant que la psychologie de la performance sportive ne concerne pas uniquement le fait de courir plus vite ou de soulever plus lourd. Elle a un impact direct sur ta santé physique et mentale. Le manque d’activité physique, souvent causé par ces barrières mentales, augmente les risques pour ta santé physique : problèmes cardiovasculaires, diabète de type 2, hypertension, etc.

Mais il y a aussi l’impact sur ton bien-être mental. Un manque de confiance en soi et une mauvaise estime de soi peuvent mener à des niveaux de stress et d’anxiété plus élevés. La science a prouvé à maintes reprises que l’exercice physique régulier est l’un des meilleurs moyens pour gérer le stress et améliorer l’humeur. Lorsque tu fais de l’activité physique, tu libères des endorphines et tu réduis le taux de cortisol, l’hormone du stress. C’est un cercle vertueux : tu te sens mieux mentalement, ce qui te donne plus d’énergie pour bouger. Tu bouges, et tu te sens encore mieux mentalement. C’est la base de toute santé globale.

La transformation physique et mentale va toujours de pair. Si tu ne travailles que sur la partie physique, tu ne t’attaques pas à la racine du problème. Tu retomberas toujours dans tes vieilles habitudes. La vraie solution, c’est de changer ton logiciel interne, de reprogrammer ta façon de penser pour que le mouvement devienne une extension naturelle de ton désir de bien-être.

Le plan d’action pour transformer ton dialogue intérieur

Reprogrammer les penseés

Maintenant que tu as bien saisi ce lien, tu te demandes sûrement : “D’accord, mais comment puis-je changer ?” Ne t’en fais pas, ce n’est pas compliqué, mais cela demande de la constance. Voici une stratégie psychologique en quatre étapes simples, mais puissantes.

 

  1. Reconnais le sabotage : La première chose à faire est de prendre conscience de tes pensées. La prochaine fois que ça ne va pas te tenter de t’entraîner, ou que tu te dis que tu n’y arriveras pas, arrête-toi un instant. Ne te juge pas, observe simplement la pensée. “Tiens, je me dis que je suis trop fatigué. C’est une pensée, rien de plus.” En la reconnaissant, tu lui enlèves une partie de son pouvoir.
  2. Questionne la pensée : Mets-toi dans la peau d’un avocat. As-tu des preuves solides que cette pensée est vraie ? “Je n’ai pas le temps.” Vraiment ? Si on t’offrait 10 000 $ pour t’entraîner 20 minutes par jour, est-ce que tu trouverais le temps ? Probablement. Le problème n’est pas le temps, mais ta perception de son importance. Remplace tes “je ne peux pas” par des “comment puis-je ?” “Comment puis-je trouver 20 minutes aujourd’hui ?”
  3. L’action, aussi petite soit-elle : La meilleure façon de briser une croyance limitante est d’agir à son encontre. Si tu penses que tu n’es pas sportif, ne va pas courir un marathon. Commence par une marche de 5 minutes. Si tu penses que tu ne peux pas faire 10 push-ups, fais-en un, même sur les genoux. Chaque petite action réussie est une preuve que ton cerveau a tort et que tu peux faire mieux. C’est ce qui te donnera la motivation sportive nécessaire pour continuer.
  4. Recadre la victoire : Arrête de viser la perfection. La victoire, ce n’est pas d’atteindre le poids idéal du premier coup ou de faire une performance de champion. La victoire, c’est d’avoir bougé aujourd’hui. D’avoir pris 15 minutes pour toi. D’avoir fait un choix conscient pour ta santé. Chaque petit pas en avant est une victoire. C’est ce qu’on appelle la stratégie des petits pas.

 

En conclusion : Ton corps est prêt. C’est ta tête qui doit l’être.

Enlever ses chaines

Ton corps est une machine incroyable, capable de s’adapter et de se renforcer. Le véritable combat n’est pas de convaincre tes muscles de travailler, mais de convaincre ton esprit de les laisser faire. C’est un travail de tous les jours, de la même manière que tu te brosses les dents ou que tu fais ton lit le matin.

 

La transformation physique et mentale est à portée de main. En t’attaquant à tes croyances limitantes, à ton manque de confiance et à tes peurs, tu ne t’amélioreras pas seulement dans le sport. Tu te sentiras mieux dans ta vie, plus résilient, plus capable de faire face aux défis. Le gym ou la place ou tu t’entraineras n’est qu’un endroit pour t’épanouir dans la vie.

 

Il est temps de dénouer tes chaînes invisibles. Tu es plus fort de ce que tu crois. Vas-y, fais le premier pas.